Steeve Khawly, un entrepreneur dans la course à la présidence de Haïti
21.07.2015
Avec un PIB de 8,7 milliards de dollars en 2014
pour une population de 10,5 millions d’habitants, Haïti apparaît comme un pays
pauvre, même considéré dans le contexte restreint de l’Amérique latine et des
Caraïbes. La population souffre de carences importantes tant alimentaires que
dans les services essentiels tel que les accès à l’eau, aux soins, à
l’éducation. Néanmoins, cinq ans après le séisme de magnitude 7 qui a frappé le
pays, Haïti est parvenue à se relever : la majorité des 1,5 millions de
déplacés ont été relogés et l’épidémie de choléra contenue. Une phase de
développement de long-terme débute. C’est dans ce contexte que s’ouvre la
campagne pour la succession du Président Martelly.
Plus de 50 candidats sont en lice. Outre quelques
candidatures fantaisistes, on compte nombre de professionnels de la politique,
anciens députés, sénateurs ou ministres. Mais aussi de rares représentants de
la société civile. Parmi eux, Steeve Khawly, dont l’entrée en politique était
inattendue, fait figure de prétendant sérieux.
À quarante-huit ans, cet entrepreneur ayant fait ses études
à l’Université de Miami, est connu des Haïtiens pour ses engagements
économiques et écologiques. En 2005, il a créé la Fondation Seguin destinée à
préserver et valoriser les 11.000 hectares du Parc National « La Visite ». Son
approche pragmatique consistant à impliquer les populations environnantes, afin
qu’elles bénéficient d’une meilleure gestion des ressources du Parc, a été
saluée par l’UNESCO.
Plus récemment, il a formé avec douze hommes d’affaires le
groupe « Haïti Chérie » : une initiative qui mise sur l’engagement d’une élite
économique responsable pour la renaissance nationale.
Cette double sensibilité, économique et écologique, se
retrouve dans son programme. Persuadé qu’un des grands défis pour Haïti sera de
gérer la diminution de l’aide internationale – une tendance qui a débutée il y
a trois ans –, il préconise des mesures destinées à favoriser les
investissements privés étrangers, notamment européens et américains. Elles
consistent en une modernisation profonde de l’administration, doublée d’une
lutte contre la corruption. Des mesures accompagnée d’un plan de développement
du marché intérieur dans des secteurs jugés vitaux, comme l’agriculture et le bâtiment.
Son souci de l’environnement se traduirait lui d’une part à
travers le développement des énergies vertes (notamment solaire et éolienne,
souples et faciles à mettre en œuvre dans un pays marqué par un déficit
d’infrastructures), d’autre part avec le développement de l’éco-tourisme.
Parler ici de « défi » n’est pas exagéré tant la
vulnérabilité du pays reste grande. Steeve Khawly, s’il était élu, pourrait-il
réussir en tant que Président ce qu’il a réussi en tant qu’entrepreneur ?